Un homme, une femme, l’amour… et le ventre maternel s’arrondit pour accueillir l’enfant. Mais que se passe-t-il dans la tête et le corps d’un homme pendant la grossesse ? Loin d’être idylliques, les 9 mois avant la venue de l’enfant oscillent au rythme fragile des joies, des espoirs et des inquiétudes. Questionnements existentiels, vulnérabilité exacerbée, souvenirs d’enfance ressurgissent et alternent avecles bouleversements au sein du couple. Avec une franchise et une sensibilité à fleur de peau, Francis Guthleben dépeint le futur père qui apprivoise doucement son identité et sa nouvelle paternité. Un récit sans concession et sans tabou d’un père « enceint » qui triomphe de la plus belle des luttes: celle que l’on mène contre soi-même.

Le titre est aguicheur et le quatrième de couverture prometteur. À eux deux ils annoncent déjà des choses merveilleuses que vous avez hâte de découvrir. 
Comment décrire ensuite ma déception à la lecture de ce journal d'un futur père? 
Pour moi qui dit journal laisse entendre journal intime et intimiste. 
L'auteur a une écriture stylée, parfois poétique et imagée, cependant elle semble plus cérébrale que viscérale. 
Je m'explique. 
Les phrases sont à tendance littéraires et érudites. Et nombreuses citations d'auteurs viennent étayer d'ailleurs le ressenti des protagonistes. C'est beau c'est vrai mais en même temps trop de type dissertation. 
On attend de l'expérience vécue par les personnages un panel de sensations, de la joie, de l'euphorie, de l'angoisse ou de la peur parfois devant cette nouvelle vie qui les attend , qui sait même peut être des interrogations. En bref un ensemble de sensations intenses et impalpables. 
Et c'est avec surprise que je découvre que le futur papa vit ce nouveau bonheur de façon très cérébrale. Il intellectualise tout. 
Le développement du bébé est disséqué telle une autopsie ou un rendez vous échographique. Parfois le relationnel des personnages même semble documentariste avec la description de leurs activités. Et tout à coup par hasard au détour d'un chemin on trouve une émotion, un sentiment. Ils semblent perdus dans le contexte et repartent si vite que nous n'avons pas vraiment le temps de nous y attacher. 
Le style littéraire aussi de l'auteur me laisse perplexe. Ces personnages se parlent et pensent beaucoup trop de façon réfléchie et digne des discours académiques. 
Pour preuve à la découverte de sa grossesse, Julia dit:
" Hier j'étais une femme enfant, aujourd'hui je suis une femme vraiment. Par nos deux âmes mêlées et mes seins gonflés, il y a une vérité, grandissante, jaillissante, d'un ange ailé, lumineux, en route vers nous"
La demande en mariage de notre personnage est aussi assez édifiante :" Je souhaite que nous soyons liés juridiquement et religieusement pour nous inscrire dans la société et fonder une famille"
Autre exemple, cette réflexion du futur papa imaginant sa femme porter un garçon :
" Julia a peut être un sexe d'homme en elle pour une période de neuf mois. Toutes les amantes ou amies que j'ai connues, hétérosexuelles ou lesbiennes, m'ont avoué avoir rêvé de posséder une minute,une heure, un jour ou plus un phallus. Comment ,des lors, une femme peut-elle ne pas être troublée par un pénis qui nait, vit,grandit, l'habite, et finalement sort de son vagin? Si j'étais au féminin, cela me troublerait à la folie"
Un tel phrasé ne se rencontre pas à tous les coins de rue, et je ne trouve pas cela très naturel ni facile à lire. 
Il nous arrive probablement d'avoir en tête de grandes phrases alambiquées mais qu'il ne nous viendrait pas à l'esprit d'exprimer oralement par la gène qu'elles occasionneraient du fait de leurs tournures trop littéraires. C'est peut être un tort je le conçois. 
Cependant ce phrasé, cette propension à disséquer les sentiments et les événements de leur vie m'ont gênée et à la longue lassée. Une lecture doit restée agréable et continuer au fil de l'eau à vous divertir ou vous instruire et non à vous laisser un arrière goût de dépit. 
C'est pour ces raisons que je n'ai pas réussi à aller au bout de ma lecture, de laquelle j'attendais beaucoup. le sujet m'avait mise l'eau à la bouche. Enfin un homme qui ose s'exprimer sur la grossesse, sa grossesse de futur père. 
J'y reviendrai peut être plus tard, qui sait? Ne dit-on pas un lecteur averti en vaut deux. Maintenant que je connais son style, la lecture passera outre la surprise.

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